Épiméthée, Prométhée, Pandore et l’Anthropocène : le pharmakon du monde
L’homme est né nu et sans défense, puis Prométhée vola pour lui le feu et la technique; depuis, nous marchons la paume noircie de suie et de dette. Chaque outil prolongeant nos gestes nous ampute d’une mémoire. Le sol garde les traces de nos accélérations : guerres, plastiques, carbone, espoir. La terre devient livre que lisent les géologues et les enfants. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle relance le feu à vitesse décuplée, remède et poison dans le même souffle. Il ne s’agit plus de condamner ni de sauver, mais de tenir la braise entre deux mains sans la laisser dévorer, habiter la lenteur comme un arbre, apprendre à ne plus brûler, et faire tenir ensemble cendre, terre, peau, mémoire. L’homme est né nu, sans griffe ni carapace, sans vitesse ni venin, et cela suffisait à le rendre fragile, mais pas encore dangereux, pas encore coupable ; il était simplement dépouillé , ouvert sur tous les vents , peau tendue sur les os comme un tambour que le m...